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Enseignant : Yves ROBERT
Crédits ECTS : 2
Syllabus
Y. Robert, Théorie de la conservation et de la restauration des patrimoines.
Critères d’évaluation
Outre le contrôle de la connaissance de notions de base propres à cette discipline, il est demandé à l’étudiant de pouvoir faire preuve d’esprit critique en analysant différents concepts ou différentes réalisations (question de connaissance et question de réflexion).
Modalité de contrôle
Examen écrit
Objectifs et contenu
La présence d’un cours traitant de la Théorie de la conservation et de la restauration des patrimoines au sein du cursus architectural de La Cambre, traduit la nécessité de sensibiliser de futurs acteurs de l’aménagement du territoire aux enjeux sociétaux engendrés par les questions patrimoniales.
Le cours est subdivisé en deux parties. La première est consacrée à la mise en place du cadre théorique propre à la discipline (auteurs, concepts et documents officiels). La seconde s’attache à développer certaines thématiques, qui favorisent par leur caractère transversal une réflexion globale sur nos pratiques patrimoniales (façadisme, paysage culturel, authenticité, mondialisation du patrimoine, ...).
Le patrimoine est une notion fondamentale, inhérente à tout homme. L’histoire du monde nous enseigne que d’une époque à l’autre, la réflexion autour du concept d’héritage culturel occupa une place souvent déterminante, tant chez les philosophes que chez les hommes de lettres, les peintres, les sculpteurs, les architectes et les urbanistes.
Être confronté au concept de patrimoine, c’est inévitablement se poser la question du rapport entre d’une part, la tradition et sa transmission, et d’autre part, les idéaux d’émancipation (de développement et notamment de création) : une dialectique qui anime chaque société, mais aussi chaque individu et parmi eux bien des architectes.
Le concept de patrimoine fut fréquemment au centre de débats manichéens. À l’une des extrémités de la polémique, campent les partisans d’un conservatisme, peu conscients de la nécessité de réponses neuves à des besoins nouveaux, tandis qu’en face d’eux, se situent les adeptes d’un progressisme à tout prix détruisant parfois par leur inculture la mémoire collective : somme toute, une forme actuelle de la vieille querelle entre les anciens et les modernes.
Ce cours sur la Théorie de la conservation et de la restauration des patrimoines a comme ambition de faire prendre conscience aux étudiants de la nécessité d’une approche pluridisciplinaire et critique face aux choix posés en matière d’héritage culturel. Penser le patrimoine, c’est tout autant concevoir son identité à travers les expériences de la création (donc de développement), que de rechercher et préserver à travers l’histoire, l’héritage dont on est redevable. Comme le dit Antonio Tápies, créer c’est concevoir des formes qui soient capables d’agresser la société qui les reçoit, de la déranger, de l’inciter à la réflexion, de lui dévoiler son propre retard. Quand elles ne sont pas en rupture, il n’y a pas d’authenticité. Mais comme le souligne Eugenio Garin, on éduque l’homme en le mettant en contact avec les hommes du passé, car grâce au trésor de la mémoire, dans le colloque avec les autres (...), l’esprit est pratiquement obligé de se retrouver lui-même, de prendre position, de prononcer à son tour des mots adéquats et précis.
Le cours refuse la sécurité d’une approche strictement passéiste et opte délibérément pour le choix d’une perspective large. Il puise sa réflexion à travers toute la culture, qu’il s’agisse de l’urbanisme, de l’architecture, des biens mobiliers, de l’art contemporain ou encore des sociétés dites traditionnelles. Ainsi, il espère contribuer modestement à la formation des futurs architectes et urbanistes pour qu’ils puissent faire face aux enjeux culturels auxquels la société attend qu’ils répondent.
Bibliographie
Voir syllabus.
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